De par le livre de Pierre Blain – ELSP 1971–1975 , Edition Fondation Nationale des Sciences Politiques
qui inclus : “L’école et la Guerre. La transformation de son Statut” par Jacques Chapsal, President iconique de l’IEP Paris.

Le ivre sur ELSPo

Origines: De l “École d’administration” à l’Ecole Libre des Sciences Politiques

La brève existence de l’École d’administration (1848-1849) marque la création du tout premier établissement français d’enseignement supérieur consacré à l’étude des sciences politiques. Sa fermeture prématurée fut provoquée par l’ascension au pouvoir de l’Empereur Napoléon III.

Après la défaite de 1871 face à la Prusse, Émile Boutmy fonda l’École Libre des Sciences Politiques (ELSPo) dans le but de renforcer la France par une étude rigoureuse et scientifique de la politique — en rupture avec ce qu’il considérait comme le « journalisme frivole ». Le terme Libre soulignait le caractère privé et indépendant de l’institution.

Les statuts originels de ELSPo

Emile Boutmy

Naissance et croissance de l’Ecole Libre des Sciences Politiques

Fondée en 1872 sous l’impulsion d’Émile Boutmy, l’École Libre des Sciences Politiques (ELSP) est née de la volonté de former une nouvelle génération de décideurs, grâce à une approche rigoureuse et scientifique des affaires publiques. Constituée comme société privée, l’ELSP bénéficia d’un capital initial de 200 000 francs, apporté par des personnalités de premier plan telles qu’Hippolyte Taine, la famille Siegfried et Édouard André, futur président du conseil d’administration.

Dès ses débuts, l’école s’installa au 17 rue de l’Abbaye, à Paris, où elle accueillit en juillet 1872 ses 92 premiers étudiants. Le succès fut immédiat : l’ELSP attira rapidement des professeurs de renom, parmi lesquels Paul Leroy-Beaulieu et Funk Brentano. La croissance des effectifs amena l’établissement à déménager à plusieurs reprises, jusqu’à son installation définitive en 1881 à l’Hôtel de Mortemart, au 25 rue Saint-Guillaume. Cette acquisition fut rendue possible grâce au soutien exceptionnel de la Duchesse de Galliera, qui contribua à hauteur de 411 000 francs.

Très vite reconnue pour son excellence académique, l’ELSP rassembla un corps professoral d’exception, comptant notamment Albert Sorel, Lyon-Caen et Anatole Leroy-Beaulieu. Après le décès d’Émile Boutmy en 1906, la direction de l’école fut assurée successivement par Leroy-Beaulieu et le baron Eugène d’Eichtal.

Ouverte sur le monde, l’ELSP accueillit, dès avant la Première Guerre mondiale,tde nombreux étudiants internationaux — des États-Unis, d’Amérique du Sud, de Turquie, de Russie, de Chine et du Japon. En 1919, l’établissement admit pour la première fois des femmes : six en tout — une Française, deux Serbes, une Canadienne, une Danoise et une Palestinienne.

L’immeuble de ELSPo de la rue St. Guillaume

L’innovation pédagogique et le rayonnement international

Entre les deux guerres, l’École Libre des Sciences Politiques (ELSP) innove en introduisant les « Conférences d’application », inspirées des pratiques universitaires américaines. Cette méthode révolutionne l’enseignement supérieur en Europe en plaçant l’apprentissage pratique et l’engagement professionnel au cœur de la formation. A la fin des années 1930, elle comptait 1 900 étudiants, dont 12 % d’étrangers et 20 % de femmes — un chiffre remarquable pour l’époque.

En 1936, à la suite du décès de Roger Seydoux, la direction de l’École est confiée à Fornier de Clausonne. Sous son impulsion, l’ELSP connaît un développement remarquable : à la fin des années 1930, l’établissement compte 1 900 étudiants, dont 12 % d’étudiants étrangers et 20 % de femmes — des chiffres exceptionnels pour l’époque, témoignant de l’ouverture et de la modernité de l’institution.

Journal Officiel de la République Française.

La seconde guerre mondiale et la transformation d’après guerre

Comme pour l’ensemble du pays, la Seconde Guerre mondiale constitua une période particulièrement éprouvante pour l’École Libre des Sciences Politiques (ELSP). L’institution dut évoluer dans un contexte périlleux, entre les exigences de l’occupant allemand et les liens maintenus avec la Résistance française.

En 1945, dans un climat politique marqué par l’influence croissante du Parti communiste, l’État français décida de créer une nouvelle institution publique : l’Institut d’Études Politiques (IEP). Il convient de rappeler que cette structure n’avait aucun lien juridique ni institutionnel avec l’ELSP.

Dans un souci d’efficacité administrative, l’ELSP adopta alors le statut d’association à but non lucratif, et fut officiellement enregistrée au Journal Officiel de la République Française, sous l’annonce n° 1262, 156ᵉ année, n° 133.

Indépendance et excellence

Depuis 2024, fidèle à sa vocation d’origine, l’École Libre des Sciences Politiques® est un établissement d’enseignement supérieur privé français enregistré avec le statut d’association sans but lucratif. Elle se distingue par sa neutralité politique, son indépendance confessionnelle et son exigence académique. Loin des débats partisans, elle reste concentrée sur la qualité de son enseignement, dans le respect de la tradition d’excellence portée par ses anciens élèves actuels ou pré 1945 , dont vous trouverez plus bas une liste non exhaustive. Elle a la jouissance exclusive de la marque Ecole Libre des Sciences Politiques® enregistré en France (INPI) et en ‘Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie  Suède et Suisse.

Quelques diplômés d’ELSPo

De nos jours :

Donald J Trump (HC) – Nicolas Sarkozy (VAE)

Avant 1945 (Ecole Libre des Sciences Politiques originelle)

Pierre de CoubertinMarcel ProustPierre Drieu La Rochelle
Habib BourguibaMaurice Couve de MurvilleRoger Peyrefitte
Michel DebréChristian DiorJulien Gracq
Georges PompidouJacques Chaban DelmasFrançois Mitterand
Léo FerréGuy TaittingerRainier III de Monaco